La réforme du lycée renforce les inégalités entre établissements (APMEP)

A cause de la réforme pro­gres­si­ve­ment mise en place dans les lycées depuis la ren­trée 2010, tous les élèves ne béné­fi­cient plus des mêmes horaires d’enseignement. C’est ce qui res­sort d’une enquête menée dans les classes de seconde de 230 établis­se­ments par l’Association des pro­fes­seurs de mathé­ma­tiques de l’enseignement public.

Selon Eric Barbazo, le pré­sident de l’Apmep, qui vient de publier une tri­bune sur le Monde.fr, « avec désor­mais un volume de plus de dix heures par semaine dont l’utilisation est lais­sée au libre arbitre du chef d’établissement, la for­ma­tion pro­po­sée aux élèves dans toutes les séries géné­rales ou tech­no­lo­giques devient dif­fé­rente d’un établis­se­ment à l’autre ».

Selon l’enquête de l’Apmep, envi­ron 30% des lycées pro­posent aux élèves des horaires « extrê­me­ment dis­pa­rates » : horaire offi­ciel de quatre heures heb­do­ma­daires pas tou­jours res­pecté, classes dédou­blées ou au contraire sur­char­gées… A ces dif­fé­rences, s’ajoute « une uti­li­sa­tion de l’accompagnement per­son­na­lisé très diverse, sou­vent détour­née en une heure de cours sup­plé­men­taire », là où l’accompagnement per­son­na­lisé n’est pas indispensable.

Pour l’Association, ces dis­pa­ri­tés ren­forcent les inéga­li­tés dans les établis­se­ments publics : d’un côté ceux qui sélec­tionnent les élèves sur dos­sier et exa­men écrit, de l’autre ceux qui recrutent dans les sec­teurs dif­fi­ciles. L’entrée en vigueur de la réforme dans les classes de pre­mière ne peut qu’aggraver la situa­tion. L’Apmep dénonce donc « l’émergence d’un lycée à deux vitesses » et réclame « une réforme concer­tée » pour 2012.