La lutte contre l’absentéisme scolaire

La lutte contre l’absentéisme scolaire

L’assiduité est la condition première de la réussite d’un élève. La lutte contre l’absentéisme scolaire doit donc mobiliser tous les membres de la communauté éducative. L’école, le collège et le lycée assurent la prévention, le repérage et le traitement des absences des élèves. L’inspection d’académie contrôle l’assiduité scolaire et complète l’action des établissements. L’École doit instaurer un dialogue continu avec les parents d’élèves.

Prévention de l’absentéisme scolairePrévenir l’absentéisme scolaire à l’école, au collège et au lycéeLe suivi des absences dans les classesChaque enseignant en charge d’une classe fait l’appel des élèves.

Les écoles, collèges et lycées enregistrent ensuite les absences des élèves. Les taux d’absentéisme sont suivis classe par classe et niveau par niveau.

La prévention de l’absentéisme : le lien entre les parents et l’ÉcoleLe renforcement des liens entre l’école, le collège ou le lycée et les parents est indispensable pour lutter contre l’absentéisme et le décrochage scolaire.

Lors de la première inscription d’un élève, l’équipe éducative présente aux personnes responsables d’un élève :

le projet d’école ou d’établissement et le règlement intérieur, en insistant sur la nécessité de la présence de l’élève à chaque cours, pour assurer la régularité des apprentissages
les obligations qui leur incombent à propos de l’assiduité de leur enfant et leur responsabilité, qui peut, le cas échéant, être engagée.
Prévenir l’absentéisme scolaire dans les départementsChaque conseil départemental de l’éducation nationale peut créer une section spécialisée. Les maires, la caisse d’allocations familiales et le secteur associatif y sont représentés. Cette commission donne son avis sur les mesures destinées à renforcer l’assiduité scolaire : aides du conseil général aux familles, etc.

Prévenir l’absentéisme scolaire dans les académiesLe recteur définit les orientations générales en matière de lutte contre l’absentéisme scolaire et veille à la cohérence des mesures prises au niveau départemental. Un accompagnement particulier est mis en place pour les collèges et les lycées où l’absentéisme est le plus fort.

Traitement, signalement des absences d’un élève et accompagnement des famillesAlerter les personnes responsables de l’élèveL’enseignant ou la personne responsable d’une activité organisée pendant le temps scolaire signale immédiatement l’absence d’un élève :

au directeur d’école dans les écoles
au conseiller principal d’éducation (CPE) ou, en son absence, au chef d’établissement dans les collèges et les lycées
Les personnes responsables de l’enfant sont contactées immédiatement par téléphone, SMS ou courriel, afin de connaître au plus vite le motif de l’absence. Sans réponse, un courrier postal est envoyé.

Les certificats médicaux ne sont exigibles que dans les cas de maladies contagieuses.

Accompagner les personnes responsables dès les premières absences de l’élèveL’absentéisme d’un élève est un sujet de préoccupation et d’inquiétude pour les familles confrontées à ce problème. Il est donc important de les aider et de les accompagner.

Accompagner les personnes responsables au niveau de l’école, du collège ou du lycéeDès la première absence sans motif légitime :

l’équipe éducative prend contact avec les personnes responsables de l’élève
au collège ou au lycée, le conseiller principal d’éducation (CPE), convoque l’élève pour lui rappeler ses obligations en matière d’assiduité
Dans le secondaire, l’élève peut devoir faire des heures de retenue ou des travaux supplémentaires. Au collège, l’équipe éducative lui rappelle que l’assiduité est prise en compte dans la note de vie scolaire au collège.

À partir de trois demi-journées d’absences non justifiées dans le mois :

à l’école, l’équipe éducative est réunie
au collège et au lycée, les personnes responsables sont convoquées au plus vite par le chef d’établissement ou son représentant, qui leur rappelle leurs obligations et les mesures qui peuvent être prises si l’assiduité de leur enfant n’est pas rétablie leur sont rappelées.
L’assistant de service social est alerté pour évaluer la situation. Il peut envisager une visite au domicile de la famille.

L’équipe de l’établissement se concerte lors de commissions de suivi des élèves en difficulté, de commissions éducatives. Elle recherche l’origine du comportement de l’élève et propose des mesures parfois en lien avec des partenaires, notamment :

les services municipaux
les services départementaux
les services associatifs
les équipes de prévention spécialisée
les équipes de réussite éducative
Les absences de chaque élève non assidu sont consignées dans un dossier. Y figurent :

leur durée
les motifs
les contacts pris avec les personnes responsables
les mesures prises pour rétablir l’assiduité
les résultats obtenus
Les personnes responsables de l’élèves sont informées de l’existence de ce dossier et des conditions dans lesquelles elles peuvent y avoir accès : espaces numériques de travail, etc.

Accompagner les personnes responsables au niveau de l’inspection académiqueÀ partir de quatre demi-journées d’absences non justifiées, consécutives ou non, dans le mois, le directeur d’école ou le chef d’établissement transmet le dossier de l’élève à l’inspecteur d’académie-directeur des services départementaux de l’éducation nationale (IA-DSDEN).

L’IA-DSDEN évalue la situation. Un conseiller technique de service social peut l’aider. L’IA-DSDEN peut décider de la mise en place d’un parcours personnalisé, de mesures d’accompagnement ou d’une orientation en dispositif relais.

Si la situation le justifie, il adresse un avertissement aux personnes responsables de l’enfant pour leur rappeler leurs obligations légales et les sanctions auxquelles elles s’exposent.

Il les informe, si possible au cours d’un entretien, sur l’ensemble des dispositifs d’accompagnement parental qui existent dans le département :

contrat local d’accompagnement à la scolarité
réseau d’écoute, d’appui et d’accompagnement des parents
contrat de responsabilité parentale
accompagnement social
médiation familiale
etc.
Dès qu’il choisit l’avertissement, l’inspecteur d’académie saisit le président du conseil général pour mettre en place un contrat de responsabilité parentale ou une autre mesure d’accompagnement adaptée, sur proposition du président du conseil général.

Si les personnes responsables de l’élève refusent sans motif légitime ou ne respectent pas le contrat de responsabilité parentale, le président du conseil général peut saisir le procureur de la République pour d’éventuelles poursuites pénales.

Les personnes responsables sont informées par courrier :

du rappel des obligations légales
des sanctions pénales et administratives auxquelles elles s’exposent
des informations sur les dispositifs d’accompagnement parental existants
de la saisine du président du conseil général
Informer les mairesL’inspecteur d’académie communique au maire la liste des élèves domiciliés dans la commune qui ont fait l’objet d’un avertissement.

Recours en cas d’absentéisme persistantSaisir la caisse d’allocations familialesIl arrive que les personnes responsables de l’enfant mineur ne mettent pas tout en œuvre pour rétablir l’assiduité de l’élève alors qu’elles sont accompagnées et que des tentatives de remédiation et de dialogue avec les familles ont été effectuées. Une procédure de sanctions administratives ou pénales est alors le dernier recours pour mettre fin à une situation d’absentéisme persistant. C’est le cas lorsqu’au cours d’une même année scolaire, une nouvelle absence de l’élève d’au moins quatre demi-journées sans motif légitime ni excuses valables sur un mois est constatée.

Consultation des personnes responsables de l’élèveL’inspecteur d’académie demande aux personnes responsables de l’enfant mineur de présenter leurs observations. La suspension ou la suppression de prestations familiales n’a pas lieu si la personne concernée n’a pas été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales.

Suspension du versement d’une partie des allocations familialesL’inspecteur d’académie transmet au directeur de la caisse d’allocations familiales (Caf) une demande de suspension du versement de la part d’allocations familiales due au titre de l’enfant en cause s’il n’existe pas d’excuses valables ou de motif légitime justifiant les absences. Le versement est suspendu. Le directeur de la Caf informe l’inspecteur d’académie et le président du conseil général de la date de la mise en œuvre de cette suspension. Il informe également les personnes responsables de l’élève de cette décision et des dispositifs d’accompagnement parental auxquels elles peuvent avoir recours.

Rétablissement du versement des prestationsLe versement des allocations familiales est rétabli lorsqu’aucune nouvelle absence sans motif légitime ni excuses valables n’est intervenue un mois après la suspension du versement des allocations.

Dès que l’inspecteur d’académie a demandé la suspension du versement des allocations familiales au directeur de la Caf ou d’un autre organisme délivrant des prestations familiales il s’informe régulièrement auprès du directeur d’école ou du chef d’établissement de l’assiduité de l’enfant.

Le rétablissement du versement des allocations familiales est rétroactif. Toutefois, si une ou plusieurs nouvelles absences d’au moins quatre demi-journées par mois sans justification ont été constatées après la suspension, lors du rétablissement des versements, les allocations sont supprimées pour les mois en cause.

Saisir le procureur de la RépubliqueSi la personne ne figure pas dans le fichier « allocataires » de la Caf ou d’un autre organisme débiteur des prestations familiales, l’inspecteur d’académie peut :

informer le président du conseil général des nouvelles absences pour prendre des mesures d’aide adaptées
saisir le procureur de la République
Si de nouvelles absences sont constatées, le procureur de la République, une fois saisi, juge des suites à donner : rappel à la loi, etc.

Le ministère mènera une enquête sur l’application du nouveau dispositif de lutte contre l’absentéisme en octobre 2011.