La CDIUFM réagit aux propos des ministres

 

La CDIUFM a bien pris note des déclarations du 23 mai 2011 des deux ministres concernés par la réforme de la formation des enseignants, Valérie Pécresse pour l’enseignement supérieur et Luc Chatel pour l’éducation nationale. La CDIUFM reconnait en premier lieu l’importance d’une intervention commune des deux ministres qui augure peut-être d’une coordination plus grande que celle qui existe depuis deux ans, entre les deux ministères impliqués dans la réforme.

Ces déclarations appellent plusieurs remarques :

Sur les masters en alternance

La CDIUFM rappelle son attachement au principe de l’alternance pour la formation des enseignants, tout en précisant qu’une réelle formation en alternance implique la possibilité pour l’étudiant de construire une expérience à partir de sa pratique ; cela suppose donc certaines conditions, notamment une préparation et une exploitation des stages, de même que l’implication forte des formateurs de terrain dans la formation (notamment les maitres formateurs pour le premier degré).

L’alternance ne peut donc se réduire à la seule mise en stage des étudiants, au seul contact avec la pratique. D’autre part, s’il est nécessaire de prendre en compte les difficultés sociales rencontrées par certains étudiants il faut noter que les rémunérations annoncées (6 000 euros au maximum pour 6 h de stage en responsabilité par semaine) sont à rapporter aux 16 800 euros que les stagiaires avaient au même niveau de formation (bac + 5) pour la même durée d’enseignement. Par ailleurs et compte tenu de l’exigence de tels masters, les critères sociaux ne doivent pas présider seuls au choix des publics concernés par ces masters.

Sur la date des concours

La CDIUFM note des avancées certaines dans le discours des deux ministres sur la question de la date du concours qu’il est clairement envisagé aujourd’hui de déplacer, conformément à la demande de l’immense majorité des acteurs concernés Il faut dès maintenant, si l’on veut concrétiser cette perspective pour les concours 2013, prendre les décisions qui s’ imposent.

Sur les référentiels nationaux

La CDIUFM prend acte de l’élaboration, annoncée par la ministre, de référentiels de formation nationaux qui vont dans le sens d’un cadrage national des formations, ce que demandait une grande partie du monde universitaire. Que ces référentiels prennent en compte d’autres métiers va dans le sens des souhaits de la CDIUFM qui souligne, depuis la mise en place des masters enseignement, éducation et formation, que ceux-ci sont effectivement porteurs de compétences mobilisables dans de nombreux métiers de l’éducation, de la formation, de la transmission, de la médiation…

Sur la formation des professeurs stagiaires

Les IUFM se félicitent de voir leur fonction reconnue dans ce domaine par le ministre, et répondront présents demain, comme ils l’ont été cette année, pour participer à cette formation.

En effet, même si la formation des professeurs fonctionnaires stagiaires est sous la responsabilité du ministre de l’éducation nationale, les IUFM sont fortement concernés par une formation qui, de fait, joue le rôle d’une formation initiale continuée.

Sur la recherche en éducation

Les déclarations des deux ministres en faveur de la recherche en éducation, entendue au sens large, ne peuvent que réjouir la CDIUFM qui affirme depuis le début de la réforme que celle-ci ne pourra réussir si notre pays continue à négliger tout un champ des recherches en sciences humaines et sociales, si important stratégiquement pour le développement d’une société de la connaissance