Education : Hollande abrogera l’évaluation des profs dès sa prise de fonction

Le décret sur l’évaluation des enseignants publié mardi au Journal officiel, très critiqué par les syndicats, sera abrogé «dès la prise de fonction de François Hollande», a annoncé mercredi Vincent Peillon. Le conseiller éducation du président élu est pressenti au poste de ministre de l’Education.

Dès la prise de fonction de François Hollande et la mise en place du nouveau gouvernement, ce texte sera abrogé», selon M. Peillon qui dénonce dans un communiqué un «passage en force» et un «mépris du dialogue social» de la part du gouvernement sortant.
«La gestion de ce dossier important a constitué, de la part du gouvernement sortant, un modèle de mépris du dialogue social dont il fut coutumier, mais la date retenue pour la publication constitue aussi un passage en force du point du vue politique peu compatible avec les usages républicains et tout à fait inacceptable», écrit Vincent Peillon. Le décret a été signé lundi et publié mardi. M. Peillon critique également «le jeu de dupe, qui a consisté pour l’équipe de Luc Chatel à laisser croire, durant l’automne 2011, que les discussions au fond de ce dossier majeur se poursuivraient»», or «aucun échange constructif n’a en réalité eu lieu». En outre, «les nombreux amendements du ministre (Luc Chatel) proposés dans une totale improvisation lors du comité technique du 15 mars ont de plus montré le degré d’impréparation du dossier», ajoute le conseiller éducation, enseignement supérieur, recherche et jeunesse pour François Hollande.

Après deux grèves organisées les 15 décembre et 31 janvier pour «exiger le retrait» du projet, une nouvelle mouture avait été rédigée mais n’avait pas donné satisfaction. Le 8 mars, une large intersyndicale avait boycotté une réunion devant débattre du projet de réforme, ce qui a entraîné son renvoi au 15 mars. Le décret prévoit que l’évaluation de l’enseignant est fondée sur un entretien réalisé tous les trois ans par son supérieur hiérarchique direct. Les syndicats craignent que ce nouvel entretien unique ait un impact négatif sur leur carrière, notamment sur leur salaire.

Source: LeParisien.fr